Mais si tu savais comme la peur me dévore.

Lundi 8 février 2010 à 21:33

Une impression de déjà-vu. Je sais ce qu'il faut faire, ce qu'il faut dire, ce qu'il ne faut pas dire. Je sais comment attendre, comment me protéger, et comment protéger. Je sais que je voudrais le crier au monde entier sans que personne ne le sache. Je sais qu'aucun mot ne guérit, que les gestes suffisent. Je sais tout ça, parce que tu me l'as dit, un jour, que les paroles sont lourdes mais que les bras sont doux. Je suis sur cette ligne sans toi. Je connais ces émotions, elles me cousent la bouche, me violentent le coeur, et aujourd'hui je peux m'en éloigner d'un battement de cil, d'un sourire, d'une pensée. Je sais comment porter des mots plus grands que soi, comment tenir une main si fort, si fort qu'on écrase la douleur.

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Téléportée

Lundi 8 février 2010 à 18:23

Attendre sans bruit, répondre en silences,
Cloisonner des limites, avancer, droit devant.
Compter les retours, et tout ceux qui s'arrêtent.
Ne jamais rien dire, pourvu qu'on le regrette.
S'échaffauder sans nom, un royaume sous un ciel,
Terni,
Fini,
de rire.

J'ai dansé pour ta lune, et soufflé sur ton coeur, roulé les autres, perdu au jeu.
Enchaînées, nos histoires ; déroutés, nos secours. Retenir, retenue, la Femme qui brille, regarder en arrière.
Rapetisser mon monde, pour que tu le traverses. Fâché le trèfle, aux rugueuses apparences, cogner ma chair.

Dans la nuit, pour la nuit.

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Courte couture.

Vendredi 5 février 2010 à 15:16

Le café à 75 centimes, fait fondre le chocolat emballé, à côté, sur la soucoupe.
Il faisait encore nuit ce matin-là, quand il est passé près de moi, comme une ombre. Je ne l'ai pas trouvé beau, mais il te ressemblait un peu, et c'était amusant.

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Je m'en lave les mains.

Mardi 2 février 2010 à 18:32

Avec Sophie, on entre au secrétariat à 15h20, pour savoir si c'est vrai, que les trains ne sont pas partis de Paris. Il est là, il demande vous avez bien transmis le message à mes L1 ? et il se tourne vers nous, ça vous convient, un cours aux aurores ? On répond que oui, ça nous va, on sera là. On ne dit pas qu'on a un autre cours en même temps, on s'en fiche.

On ne demande pas pour les trains. On retourne rejoindre les autres et on leur dit qu'on n'a pas posé la question, qu'on a qu'à attendre et voir ce qui se passera. Laura veut que je descende, lui dire si son mail est bien écrit. Je descends. rajoute kiss, que je dis.

Aux aurores il n'y a pas beaucoup de monde. Je brûle d'impatience d'être au lendemain, d'arriver au jour où on nous parlera de Raymond Carver, et du minimalisme. On se quitte, on s'endort, et je suis en train de devenir sûre du chemin que j'emprunte, de l'endroit où je vais.

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Mardi 15 décembre 2009 à 21:49

Tout passe tellement vite et tout est tellement doux. La psychologie, ça cassait tellement la magie, ça aidait à savoir comment apprendre, ça aidait à manipuler tout ce que l'on voulait, mais ça cassait quand même. Sophie, elle dit que c'est pas pour rien que j'ai fait ça. Mais je crois, qu'on ne peut pas vraiment réparer les autres quand on a tant à recoller chez soi. Alors je fais des études, qui ne servent pas à grand chose, qui vont un peu partout, qui parlent de l'humanité toute entière, mais qui ne la dissèque pas. Marie me dit, d'aller loin, d'aller où je veux. Je trouve que tout ce que l'on apprend est brillant, même si je ne suis pas toujours d'accord. Ce qui est bien justement, c'est qu'on a le droit de dire que ce qu'on apprend est faux, Les filles, elles disent que l'objectif des examens c'est de me battre. Un jour, avant que l'on commence à parler des catins du XVIIème siècle, Sophie m'a demandé si je savais ce que ça faisait, de ne pas se sentir à sa place. Je ne sais pas ce que ça fait. Je sais ce que ça fait de casser tout son système nerveux, de n'avoir plus de limites, de ne plus savoir être quelqu'un. Elle voulait savoir, ce qui m'était arrivé. J'ai dit je suis ici aujourd'hui, et il y a des moments, tous les jours, où je me sens très mal, sans raison, mais tout ce qui m'entoure est réel. Je peux caresser mon ventre et simplement me rappeler les crocs que j'ai dû en arracher, savoir que je suis belle, que je n'ai plus cette affreuse laideur en moi. Je peux dire à ma peur du vide que mon amour rentrera, peu importe l'heure, il sera là. Je peux croire en ce que je veux, aujourd'hui. Je peux regarder ce que je veux, et le trouver beau. J'entends une fille qui s'appelle Floriane dire qu'elle supporte les plaintes de son copain qui ne comprend pas qu'elle ait besoin de travailler, j'entends Virginie dire qu'il ne l'a pas appelée, qu'elle veut perdre dix kilos, Laura pleurer un deuil irrationnel, Sophie se disputer avec Maxime. Je les entends me dire, mais ça ne te dérange pas ? Qu'est-ce qui devrait me déranger ? Rire au éclat, consoler, soigner, ennuyer, admirer ? J'ai arrêté d'être en colère, d'haïr ses heures d'absence qui s'étendent parce que toujours, à chaque fois, ça ne change pas, c'est un sourire et des bras serrés à m'en étouffer qui reviennent. J'ai cessé de me cogner à la glace parce que j'ai appris à voir à travers. J'en ai eu assez, d'être dans la poussière, immobile, j'ai décidé de me lever, de marcher, peu importe vers où, vers ce que j'aime. Je me suis levée et j'ai vécu avec ce que j'avais d'étrange, de silencieux, de vicieux à l'intérieur de moi Et c'est pour ça. C'est pour ça, que Sophie dit que je suis Electre. Mais je veux bien être Electre, parce qu'au-delà de toute l'horreur qu'elle est, elle vit.

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