J'ai jamais cherché à comprendre pourquoi parler c'était si dur. Je me taisais, c'était plus simple. J'observais les gens et leurs gestes m'en apprenaient bien plus sur eux que leurs paroles. Je souriais aux passants. Je marchais toujours vite pour essayer de dépasser le temps. Je voulais pouvoir l'attendre, le rallonger. Mais il revenait toujours plus vite. Quelques fois mon regard s'accrochait à celui d'un inconnu et je ne voulais pas en savoir plus. J'aimais m'en aller sans que personne ne s'en rende compte. Il s'approchait souvent de moi en disant "C'est fait exprès. Vous comprenez, vous." et personne ne le voyait. Les heures avaient beau être ennuyeuses à ses côtés, la magie que je trouvais dans sa façon de dire les choses avec finesse me contentait. Il suffisait de savoir écouter à travers le silence pour entendre ce qu'il pensait vraiment.
Mercredi 21 février 2007 à 20:06

Il disait qu'elle était délicate, qu'elle posait toujours les mots au bon moment et que ses yeux parlaient le plus beau langage du monde. Il disait qu'elle savait se taire, elle. Un jour je l'ai aperçue. Elle marchait vite, en direction de la colline. Je brûlais d'envie de l'arrêter dans sa course et de la retenir pour comprendre. Comprendre ce mythe. Cette femme. J'étais pétrifié à l'idée d'être à mon tour confronté à ses paroles. Mais elle passait et il était bien tard.
En vérité, je manquais d'audace.
J'ai entendu des pas dans mon dos. Puis une voix :
- Elle s'appelle Victoire.
- Je sais.
- Elle est dure.
- Il paraît.
- Je le sais. J'ai vécu les minutes les plus embarrassantes de toute ma vie à ses côtés.
- Racontez-moi.
- C'était un après-midi. Ou peut-être un matin, je ne sais plus, qu'importe. Elle était à la terrasse d'un café. J'hésitais, comme vous. Le problème, c'est qu'elle ne passait pas. Elle a levé les yeux et m'a invité à la joindre avec désinvolture. C'a été horrible.
- Etes-vous de ceux qui pensent trouver les plus beaux poissons de l'océan à la surface de l'eau ?
- Pardon ?
- Ce n'est pas grave…
- Qu'est-ce qui n'est pas grave ?
- De ne pas comprendre ça.
Grenier.public
Dimanche 18 février 2007 à 19:24
Les vieilles choses
10 voies.
Changez-moi.
10 voies.
Changez-moi.
Mercredi matin j'ai dû faire deux fois le tour de Mulhouse. L'autoroute
était bloquée. J'ai couru pour traverser les rails du tram et pour
longer le kinépolis. J'étais dans le hall à 8h30 pile. Adeline s'est
extasiée devant ma robe. Tout le monde était là. Il faisait bon vivre.
Dorian disait n'importe quoi. Lydie sautillait dans tous les sens.
Adeline a pris ma main, j'ai serré celle d'alto et on s'est faufilées
dans la foule comme ça. Personne n'a vu. On nous avait réservé la
grande salle. On s'est assises au centre. Avec Petit Pied. Yasin et
Thomas étaient devant nous. Camille, Lydie et Mona étaient derrière.
Molière est arrivé. C'était beau. C'était inattendu. On a tous aimé.
Quand nous sommes sortis, il faisait froid. A 19h45, Patrice m'a
demandé de faire mes sauts plus haut. Trente secondes après, j'étais
allongée sur la glace. Il a tourné la tête très vite et quand il a vu
que je riais, il a dit que j'étais sauvée.
Ymen essayait de me raconter une histoire tant dis qu'Olivier patinait à toute vitesse pour nous rattraper et ne pas en perdre une miette. Diego essayait de faire des axels et tombait tout le temps. Christelle lui criait de s'éloigner des barrières. Il ne le faisait pas et tombait encore plus.
Gilles et ma mère sont en bas. Ils ont l'air d'avoir quinze ans et parlent de vieux souvenirs. Elle pleure de rire et il me demande si je me souviens que j'étais blonde et si je vais bien sur mes dix-huit ans. Oui, je me souviens. Oui, je sais. Non, je ne veux pas. Nicolas est à un anniversaire. La maison est triste quand il n'est pas là. Je n'entends pas sa musique et le claclac du clavier à travers les murs.
Ymen essayait de me raconter une histoire tant dis qu'Olivier patinait à toute vitesse pour nous rattraper et ne pas en perdre une miette. Diego essayait de faire des axels et tombait tout le temps. Christelle lui criait de s'éloigner des barrières. Il ne le faisait pas et tombait encore plus.
Gilles et ma mère sont en bas. Ils ont l'air d'avoir quinze ans et parlent de vieux souvenirs. Elle pleure de rire et il me demande si je me souviens que j'étais blonde et si je vais bien sur mes dix-huit ans. Oui, je me souviens. Oui, je sais. Non, je ne veux pas. Nicolas est à un anniversaire. La maison est triste quand il n'est pas là. Je n'entends pas sa musique et le claclac du clavier à travers les murs.
Grenier.public
Mardi 13 février 2007 à 22:31
« Elle veut le voir. Elle veut le voir parce que… elle
ne sait pas. A vrai dire il n'y a aucune raison. C'est son cœur qui le lui
dicte. Y a-t-il plus belle et plus juste raison que celle du cœur ? »
Grenier.public
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