C'est un délice d'avoir à nouveau envie de parler de ces inconnus, de ces reflets, de ces dessins. De les faire exister d'un geste, d'avoir des mots qui coulent, qui éclaboussent, qui sortent en rafales. De prendre à nouveau le temps d'écouter les autres, de sourire et d'aider. C'est un délice d'être sans se demander si on conjugue correctement. Là, se retrouver derrière ces mois de doutes. Trouver un équilibre. Entre tout ça. Sentir l'amour de ceux qui accompagnent nos pas jour après jour, sentir l'affection et accepter les éloges des passants avec un vieux goût de déjà vu. Etre fière du travail accompli, lire à travers les regards, recevoir les conséquences avec envie. Aimer en plus. Aimer si fort. J'ai rattrapé ce qui restait d'une magnifique année. Il m'aura fallut du temps pour reconstruire tout un monde écroulé. Le fil est devenu solide. La peur s'y cogne même.
Vendredi 23 mars 2007 à 21:14

Tu me regardes en coin, tu sais que je n'aime pas ça. Tu sais que je n'aime pas sentir ta main s'appuyer sur ma taille et tes lèvres s'accrocher à mes joues. Tu sais que ça la rend jalouse, elle, et c'est pour ça que tu le fais. Et tu le fais parce que je suis belle et parce que, oui, j'aime quand tes yeux débordent de désir. Tu sais que ces dialogues sans début et sans fin s'envolent dans les couloirs à vitesse grand V et attisent la curiosité de tous. Je sais que tu retrouves toujours le moyen de venir t'asseoir près de moi et de replacer une mèche de mes cheveux derrière mon oreille tout en regardant furtivement ma gorge. Tu sais que quand je me tais tu pourrais me faire chavirer et tu aimes insister de ton sourire qui se démêle. Tu te rappelles de la première fois que nos regards se sont croisés. Tu te rappelles comme ils se sont accrochés l'un à l'autre et comme alors j'étais timide et me cachais derrière un sourire. Je sais qu'à partir de ce moment là tu pensais à moi jour et nuit. Mais ces temps sont finis et même si je la provoque avec un rictus quand tu détournes la tête pour éviter ses baisers, oui Tan, ces temps sont finis. Tu ne tiendras plus la porte pour me laisser passer et tu n'observeras plus mes mollets. Tu ne serreras plus mon poignet et tu ne crieras plus que ton souffle m'est indispensable. Il ne l'a jamais été. Tu ne joueras plus. Tu n'embrasseras plus mes mains. Ces temps-là sont finis, Tan.
Tout est fini.
Grenier.public
Jeudi 22 mars 2007 à 20:41
Je m'envole au dessus de mon corps. Au dessus d'eux. Je ne l'entends plus. Ses gestes sont au ralenti. Je profite de chaque instant, je sais qu'une fois tout ça terminé j'aurais mal partout et je me cognerais. Je lui écrirais pour lui dire merci. Il dira sûrement oh putain puis il fermera son cahier et ne saura pas quoi faire. Hier j'ai remarqué que Patrice était beau. C'est la première fois que je le vois. Il allait vite, il regardait ses pieds et plus rien ne comptait autour de lui. C'est pour ça. Je riais en disant à Ymen qu'il était fou et qu'il ne fallait pas se dégonfler parce qu'il nous provoquait. Et puis j'ai traversé la glace aussi vite que lui. J'ai bien failli tomber plusieurs fois et j'ai eu des crampes pendant dix bonnes minutes mais en arrivant à l'autre bout j'ai souri et il a ouvert de grands yeux.
Ce soir, il avait encore son regard désolé. J'étais assise pas loin et au moment de descendre il a laissé sa copine s'en aller plus loin et m'a fait signe de passer avant lui. J'ai soufflé un merci à sa politesse et j'ai chuchoté pétasse en m'éloignant avec un sourire
Grenier.public
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